Sorti en 1975 sur l’album Wish You Were Here, ce morceau a été conçu en pleine période de doute pour le groupe. Pink Floyd revenait du succès énorme de The Dark Side of the Moon, un moment à la fois euphorique et épuisant qui a créé une distance entre les membres. David Gilmour et Roger Waters ont façonné la chanson autour d’un thème central : l’absence. La composition est née d’un simple riff acoustique joué par Gilmour en studio, que Waters a immédiatement reconnu comme le point de départ d’un titre plus intime. L’enregistrement s’est étalé sur plusieurs jours, le groupe cherchant un son volontairement dépouillé pour laisser les mots respirer. La chanson est aussi devenue un hommage non programmé à Syd Barrett, leur ami et ancien membre, dont la disparition psychique marquait encore profondément leurs esprits. Ce morceau se démarque par son ton mélancolique et sa simplicité assumée.
De quoi ça parle ?
La chanson aborde le manque, la désillusion et la perte de repères dans un monde où tout semble se confondre. Waters questionne notre capacité à distinguer le vrai du faux : le ciel du malheur, la liberté d’une cage, le réconfort d’une illusion. Ces comparaisons répétées reflètent un sentiment d’anesthésie émotionnelle, comme si tout perdait son sens. Le texte évoque également les concessions que l’on fait pour “tenir le coup” — échanger un rôle authentique pour une vie enfermée dans un système. “Two lost souls swimming in a fish bowl” illustre la sensation de tourner en rond malgré les années, condamnés à répéter les mêmes erreurs. Même si ce n’est jamais dit explicitement, l’ombre de Syd Barrett plane dans chaque vers. Le narrateur exprime le regret d’une présence disparue, non seulement d’une personne, mais aussi d’un état d’esprit, d’une innocence perdue. C’est une réflexion douce-amère sur ce que l’on laisse derrière soi.
Anecdotes et interviews
🎸 Syd Barrett est apparu en studio sans prévenir
Pendant l’enregistrement, il est arrivé le crâne rasé, méconnaissable. Les membres ont été profondément bouleversés.
🔥 Le début de la chanson imite une radio mal accordée
Une idée de Waters pour symboliser la difficulté à “recevoir” le vrai.
🎤 « Ce morceau parle de l’absence, de ce vide qu’on ressent même entouré de monde. » – Roger Waters
🎤 « J’ai joué le riff sans réfléchir. Roger a levé la tête et a su que c’était le cœur du morceau. » – David Gilmour
Paroles et traduction
So, so you think you can tell
➝ Alors, alors tu penses pouvoir distinguer
Heaven from hell?
➝ Le paradis de l’enfer ?
Blue skies from pain?
➝ Le ciel bleu de la souffrance ?
Can you tell a green field
➝ Peux-tu distinguer un champ vert
From a cold steel rail?
➝ D’un rail d’acier froid ?
A smile from a veil?
➝ Un sourire d’un voile ?
Do you think you can tell?
➝ Tu penses vraiment pouvoir discerner ?
Did they get you to trade
➝ T’ont-ils poussé à échanger
Your heroes for ghosts?
➝ Tes héros contre des fantômes ?
Hot ashes for trees?
➝ Des cendres brûlantes contre des arbres ?
Hot air for a cool breeze?
➝ De l’air chaud contre une brise fraîche ?
Cold comfort for change?
➝ Un maigre réconfort contre du changement ?
Did you exchange
➝ As-tu troqué
A walk on part in the war
➝ Un rôle mineur dans la guerre
For a lead role in a cage?
➝ Pour un premier rôle dans une cage ?
How I wish
➝ Comme j’aimerais
How I wish you were here
➝ Comme j’aimerais que tu sois ici
We’re just two lost souls
➝ Nous sommes juste deux âmes perdues
Swimming in a fish bowl year after year
➝ À tourner en rond dans un bocal, année après année
Running over the same old ground
➝ À parcourir les mêmes chemins usés
What have we found?
➝ Qu’avons-nous trouvé ?
The same old fears
➝ Les mêmes vieilles peurs
Wish you were here
➝ J’aimerais que tu sois ici
Vidéo officielle
Crédits
📀 Album : Wish You Were Here
📅 Année : 1975
✍️ Auteurs : Roger Waters, David Gilmour
⏳ Durée : 05:35
🎸 Style : Rock progressif / Folk rock